Capitalisme : crise financière phase 2, la gangrène généralisée – par Luc Gruntz

Posté le: 11 octobre 2011, par Jacques

La crise financière de 2008 est loin d’être terminée, loin s’en faut. Bien mieux, aucune leçon n’a été tirée de cette crise qui résulte d’un système totalement débridé fonctionnant sous aucun contrôle. Les mois d’août et septembre 2011 ont vu une nouvelle extension de la crise, avec l’entrée en scène des agences de notation (1) qui évaluent les Etats sur le risque de solvabilité, selon un certain nombre de critères. Le tsunami financier fut provoqué par l’abaissement de la note des Etats-Unis qui passa du triple A (sécurité maximale) à double A+ (qualité haute ou bonne) par l’agence Standard &Poor’s. Cette lame de fond, sans précédent au niveau de l’ensemble des places financières de la planète, entraîna un vent de panique des investisseurs dans une chute importante des titres en bourse. L’empire américain perdant son titre introduisait le doute quant au remboursement de sa dette qui s’élève à 14 000 milliards de dollars (14 billions) dont 1200 milliards à la Chine, premier créancier des USA dont le parti communiste chinois appela Washington à « plus de rigueur économique »sic. La monnaie américaine devenait par la même une monnaie de singe, paralysant ainsi toute l’économie mondiale. Rappelons encore que Standard &Poor’s était déjà responsable du début de la crise en 2007, en recommandant aux banques les subprimes(2) qui ne présentaient selon elle aucun risque. Les banques s’étaient engouffrées dans l’aubaine, ce qui provoqua plus tard aux USA des faillites retentissantes, telles que Lehman Brothers, Bank of América, et des centaines d’autres, avant que les Etats ne prirent le relais en octroyant aux banques des prêts ainsi que des achats de créances pour éviter un désastre généralisé( Voir à ce sujet le Journal spirite n° 83 p7)A noter également que de notoriété publique, Standard &Poor’s finance le parti républicain et que la droite américaine entend bien se débarrasser d’Obama en 2012 , ce dernier ayant proposé en juillet au Congrès d’accroître les impôts des plus hauts revenus. La bataille entre démocrates et républicains fut rude et Obama dut baisser pavillon, pour éviter de couper les fonds au gouvernement, ce qui aurait paralysé le fonctionnement des administrations. En l’espèce, les extrémistes du Tea Party ont gagné. La seule solution retenue fut l’accroissement de la dette sans chercher à la réduire. Le paradoxe est que certains milliardaires américains réagirent dans un souci d’équité en souhaitant payer davantage d’impôts, car leurs propres secrétaires étaient plus imposées qu’eux-mêmes.

Le système financier mondial est à bout de souffle et s’achemine progressivement vers la déconfiture. Les agences de notation imposent à la fois la rigueur budgétaire et sanctionnent en même temps les pays, pour l’insuffisance de leur croissance qui n’est que le fruit de cette même rigueur.

Les investisseurs qui recherchent de fortes plus-values n’ont plus beaucoup d’opportunités pour spéculer en dehors des pays du tiers-monde qui ont des retards à rattraper.

On comprend aussi les raisons pour lesquelles les socialistes français ne veulent pas modifier, sur proposition de Nicolas Sarkozy , la constitution française pour y introduire la fameuse « règle d’or » qui consiste à réduire la dette publique ,à ne pas augmenter le déficit de l’Etat et à renoncer ainsi à des dépenses d’investissement à court-moyen-long terme pour relancer la croissance. Un certain nombre de journalistes et d’économistes commence à comprendre que le régime capitalisme est désormais incapable de fonctionner « en dehors des taux de croissance destructeurs des équilibres humains, de toute vie sociale organisée et de la planète elle-même, polluée, surexploitée, exsangue » (Propos de Jacques Julliard, Marianne n°747 d’août 2011.)

Partout sur la planète, le phénomène de paupérisation gagne du terrain et les peuples souffrent. Il faudra bien que la tyrannie de l’argent-roi cesse. L’idée fait son chemin et des solutions existent, avant que la révolte ou les révoltes ne grondent. La position de l’Esprit à ce sujet n’a jamais variée. Dans sa grande clairvoyance, Raymond ARON nous délivrait en 1987 le message suivant :

« Certains pourraient se demander pourquoi l’Esprit continue de s’intéresser et de s’investir dans l’économie. Certains pourraient se demander s’il n’y a pas là une contradiction. Or, moi je sais que sur la Terre et sur d’autres planètes l’économie est le moteur vital de la vie des hommes, de l’organisation de leur société. L’esprit pense. C’est là son attribut principal et parce qu’il pense, il doit apprendre. Il doit apprendre, incarné ou désincarné. Plus conscient du mécanisme de la vie, je me dois donc de vous faire part de ma réflexion de désincarné, c’est-à-dire d’une réflexion plus libre. La plus grande économie que les hommes pourraient faire, c’est l’économie des économies. Les systèmes économiques sont des principes désuets, sont des principes dépassés qui ne correspondent plus à la demande des peuples, à la nature des peuples, à l’organisation des populations. Les économies sont dépendantes des idéologies. Elles sont rigides, figées, inefficaces pour la plupart d’entre elles car absentes du mouvement temporel, de l’évolution inhérente à la nature des hommes qui sont des esprits en mutation. L’économie n’est pas libératrice, elle enferme les hommes à l’intérieur de systèmes inadéquats. Elle sclérose la relation sociale, elle détourne la production, elle empêche la vraie distribution des richesses. Les économies sont des spéculations ponctuelles et opportunistes. Ces spéculations sont établies non pas à partir du souci de l’homme, mais du profit que l’on peut tirer de sa production quotidienne. En cela, elles sont déjà condamnées. Les économies tournent le dos aux hommes, elles tournent le dos aux climats, elles tournent le don au relief. Elles tournent le dos aux richesses naturelles des différents pays que connaît la Terre. Elles se disent internationales. Elles le sont, en effet, mais au mépris de la planète et de ses habitants. Les économies engendrent la destruction des hommes. Les économies affirment représenter la vie productive, affirmation fausse puisqu’elles sont une spéculation sur la production. L’économie ne doit être ni libérale, ni étatique. L’économie doit être naturelle. Elle doit être une organisation désirée, voulue profondément par la connaissance humaine et correspondant à ses besoins réels, à sa nature vraie. Les systèmes politiques ont rendu l’économie si dangereuse que l’économie est devenue capable de détruire une contrée, un pays, un peuple. On peut, par décret économique, assécher un sol, le rendre aride et improductif. On peut si on veut par malheur, organiser une famine. Mon message est une alarme. Il est un appel à la raison. Je ne suis pas contre toutes formes d’organisations. Pour qu’une organisation soit efficace, elle doit prendre en compte ce pour quoi elle est faite, c’est-à-dire pour des êtres vivants, incarnés sur une planète vivante. L’organisation des productions est un prétexte aux privilèges. Puisse-t-elle devenir une solution aux besoins de tous ! L’avenir de la Terre peut encore ne pas être sombre. Pour cela, il faut décider. Pour cela, il faut désirer. Pour cela, il faut vouloir. Les richesses naturelles inhérentes à la planète bleue peuvent satisfaire les milliards d’esprits incarnés qui l’habitent. Dans treize années, vous serez six milliards. Le chiffre n’est impressionnant que si les économies ne changent pas, il peut être satisfaisant si l’équilibre est trouvé. J’accuse beaucoup de gouvernements, beaucoup de gouvernants de feindre la recherche de solution alors que cette solution existe déjà pour qui veut bien l’appliquer. Je continuerai de vous alarmer autant que cela me sera permis ».

(1): entreprises ou institutions chargées de la notation des collectivités (Etats…) ou des entreprises selon certains critères définis par une réglementation ou par les acteurs du marché. Historiquement, la notation apparaît aux USA où se développe le marché financier au XIXe siècle. En 1841, à New York, naît la première société d’analyses financières de crédit.

(2) : crédits à risques octroyés dans des conditions malhonnêtes aux ménages pauvres américains, en leur faisant miroiter une augmentation sans fin des prix de l’immobilier.