Famine : chronique d’un chaos annoncé – par Frédéric Vicens

Posté le: 11 octobre 2011, par Jacques

L’organisation de l’ONU pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a eu beau tenter d’alerter sur la plus grande crise alimentaire en Afrique en vingt ans, en médiatisant la famine qui frappe la corne de l’Afrique (Somalie, Ethiopie, Kenya, Djibouti, Soudan, Ouganda) et ses douze millions de victimes de la faim (dont deux millions d’enfants) rien n’y a fait : alors qu’1.6 milliards d’euros sont nécessaires, les dons récoltés auprès des Etats ont été du même niveau que le drame à combattre : faméliques.

A titre de d’exemple, la France s’est contentée de donner trente millions d’euros (pour mémoire, Bernard Tapie a reçu quarante cinq millions de ce même Etat au titre du « préjudice moral » dans l’affaire du Crédit Lyonnais) et la Principauté de Monaco a gracieusement offerts vingt mille euros (à mettre en relief par rapport aux cinquante millions d’euros déboursés pour le mariage de son Prince…)

Qu’en penser surtout quand on les compare aux milliers de milliards d’euros mobilisés pour secourir les banques et les marchés financiers depuis trois ans ?

Les ONG ont effectué le même constat auprès des donateurs privés et du public en général : aucun élan de générosité malgré les images insoutenables. Qu’il est loin le temps de «We are the World» en 1984 face à la famine en Ethiopie… Comme si l’habitude et la résignation avaient pris le dessus, comme si c’était devenu «normal» dans cette région…

Rappelons une nouvelle fois qu’il n’y a aucune fatalité : la famine est une conséquence de la pauvreté et de l’envolée du prix des denrées agricoles de base (les prix des marchés locaux dans la région ont été multipliés par 3) à cause d’une spéculation sans frein, situation à laquelle le dernier G20 n’a en rien remédié. Bref, il ne s’agit pas d’une catastrophe naturelle ni d’un quelconque karma punitif pour les millions de personnes concernées qui sont autant d’esprits, mais d’un véritable meurtre économique relevant donc de la responsabilité humaine.