EXTRAITS DU JOURNAL SPIRITE N° 107

Posté le: 1 février 2017, par Jacques

Voici trois extraits d’articles parus dans le dernier numéro du Journal Spirite ayant pour thème « Le spiritisme face à la science ». Pour se procurer cette revue en pdf ou en version papier voir à la rubrique « Publications » de ce site.

 

PEUT-ON COMPRENDRE LES DESSEINS DE DIEU ?Par Jacques Peccatte

«Les voies du Seigneur sont impénétrables» dit l’adage populaire, indiquant par là que l’on ne peut comprendre le destin qui nous est réservé. En réalité, cette phrase a une origine qui remonte à Paul de Tarse (Saint-Paul) s’exclamant : «Quelle profondeur dans la richesse, la sagesse et la science de Dieu ! Ses décisions sont insondables, ses chemins sont impénétrables !» (Épître aux Romains 11, 33)

Si l’insondable et l’impénétrable s’appliquent en général aux fatalités du sort, il s’agit également de l’interrogation métaphysique qui confère à de nombreuses incompréhensions quant à une volonté divine dont on ne sait pourquoi elle a mis les humains dans de tels embarras face aux afflictions qu’ils doivent endurer. Et sur ce point, on trouvera les premiers éclaircissements d’un sauveur ou messie venu instruire l’humanité il y a deux mille ans en indiquant le sens particulier de l’amour du prochain, seule valeur qui puisse atténuer les souffrances, faire avancer vers la paix et indiquer la voie qui mène à Dieu.

C’est ensuite la notion de péché originel évoquée par Paul de Tarse et théorisée par Saint Augustin (354-430) en tant que souillure héréditaire assimilée à l’acte de chair (discrédit de la sexualité) qui a pesé sur l’ensemble de la chrétienté. Ce péché originel est également présent dans le Coran.

Si Jésus était venu montrer un chemin pour indiquer le sens du divin, son message n’a pas été transmis au mieux, subissant diverses interprétations à retrouver dans toute l’histoire de la théologie chrétienne. Et c’est seulement avec Allan Kardec que le spiritisme philosophique a permis d’éclaircir ce qui restait encore obscur, indiquant sa notion de troisième révélation, consécutive à celles de Moïse et de Jésus. Les desseins de Dieu devenaient alors beaucoup plus «pénétrables» dans la mesure où toute la métaphysique enseignée par les Esprits et formulée par Allan Kardec, rendait compte d’une série de principes immuables, principes universels qui s’appuyaient, non plus sur une foi aveugle mais sur la raison. Le lien avec la chrétienté était cependant maintenu par le fondateur du spiritisme, qui indiquait la continuité indispensable pour lui, entre le message de Jésus mal compris par l’histoire et le spiritisme venu l’expliciter à la lumière de la manifestation des Esprits. C’est alors qu’il remettait en question certains principes théologiques construits au fil de l’histoire chrétienne, comme le péché originel, la Sainte Trinité, la divinité de Jésus, la virginité de Marie, les anges et les démons, les Saints et encore quelques autres notions rattachées à des croyances. (…)

 

DE L’ESPRIT DES SCIENCES A LA SCIENCE DE L’ESPRIT – Par Mohamed Maï

2/LE SPIRITISME : UNE QUINTESSENCE PARMI LES SCIENCES

Dans «Qu’est-ce que le Spiritisme ?», Allan Kardec nous répond en le décrivant comme «une science qui traite de la nature, de l’origine et de la destinée des Esprits, et de leurs rapports avec le monde corporel.» Cette dense définition couvre à elle seule les deux catégories de sciences que nous venons de décrire. Il nous dépeint également la méthodologie de ce qu’est et de ce que doit rester le véritable spiritisme : «Le Spiritisme ne pose en principe absolu que ce qui est démontré avec évidence, ou ce qui ressort logiquement de l’observation.» Il indique également dans «La Genèse» que : «Comme moyen d’élaboration, le Spiritisme procède exactement de la même manière que les sciences positives, c’est-à-dire qu’il applique la méthode expérimentale. Des faits d’un ordre nouveau se présentent qui ne peuvent s’expliquer par les lois connues ; il les observe, les compare, les analyse et, des effets remontant aux causes, il arrive à la loi qui les régit ; puis, il en déduit les conséquences et en cherche les applications utiles.»

Les pionniers du spiritisme qui succédèrent à Allan Kardec appliquèrent avec brio cette méthodologie. Ce fut l’ère d’un développement du spiritisme au travers de la science expérimentale pour étayer et rendre mesurable ses principes. L’ectoplasmie, le magnétisme, la lévitation, furent mis en évidence par des expériences effectuées en présence de scientifiques et consignées dans des procès-verbaux. Le fait marquant est que beaucoup de ces éminents scientifiques qui excellaient dans leurs disciplines respectives, furent convaincus de la survivance de l’esprit en utilisant leurs propres méthodes scientifiques. Camille Flammarion, le plus grand vulgarisateur des sciences de son époque, n’hésita pas à dire que «celui qui déclare les phénomènes spirites contraires à la science, ne sait pas de quoi il parle. En effet, dans la nature, il n’y a rien de surnaturel ; il y a de l’inconnu, mais l’inconnu d’hier devient la réalité de demain.» Il y a tant d’autres noms, tels que William Crookes, Oliver Lodge, Pierre et Marie Curie… Nous pourrions lister des pages entières de leurs expériences, mais nous ne pourrons qu’inviter à replonger dans cette époque expérimentale passionnante, située entre 1850 et la fin des années 1920. C’était l’époque où la science embrassait tous les horizons avec une curiosité absente de tout préjugé. Renier le fait scientifique dans l’histoire du spiritisme serait renier l’histoire entière de ses pionniers et de leurs travaux. Comment imaginer un instant que tous ces éminents savants se soient trompés tout en révolutionnant les sciences dans leurs domaines respectifs ?

Par le pont qu’il crée entre l’esprit incarné qui tend vers la liberté et l’esprit libre désincarné, le spiritisme accomplit l’exploit de ne jamais être mis en contradiction avec les autres sciences, tout en les enrichissant et en leur donnant un sens commun. Il s’imbrique dans toutes les connaissances humaines, tel un double éthérique qui les ferait vibrer harmonieusement. Si les sciences d’aujourd’hui, humaines ou expérimentales, écoutaient l’enseignement du spiritisme, autrement dit l’enseignement des Esprits, le progrès humain s’accélèrerait. C’est ainsi que le spiritisme pourrait aider le philosophe à sortir du labyrinthe des concepts, en l’élevant sur des hauteurs où il percevrait mieux le sens de son existence. Les messages des Esprits relevant de l’amour du prochain conforteraient les sciences éthiques dans l’importance de leurs recherches, car l’intérêt général ne doit jamais être ignoré par la recherche scientifique.

En matière de psychologie ou de psychanalyse, le spiritisme inciterait le praticien à prolonger l’étude de la personnalité aux vies antérieures, à la relation de cause à effet par le biais de l’hypnose. Le spiritisme donnerait l’explication de tous les phénomènes inexpliqués aux sciences dites du paranormal, et dissiperait par la même occasion le nuage obscurantiste du New Age. Il diagnostiquerait pour la médecine la pensée négative comme origine de très nombreuses maladies. Il prolongerait la vue du télescope de l’astronome en lui confirmant ce que la science va peut-être découvrir dans quelques années, la vie sur d’autres planètes et une infinité de planètes. Il conterait à l’historien la loi de l’évolution et du progrès pour donner sens à sa discipline. Il démontrerait aussi à la physique des particules le concept de fluide universel qui explique pourquoi la matière apparaît ordonnée plutôt que chaotique. C’est d’ailleurs par cette dernière que va s’ouvrir, là où l’on ne s’y attendait pas, une brèche qui n’est pas prête de se refermer. (…)

 

LES PIONNIERS DU SPIRITISME SCIENTIFIQUE – Par Valérie Fauvel

 

Dr Paul Gibier (1851-1900)

Elève et protégé de Pasteur, le docteur Paul Gibier est estimé pour avoir longtemps travaillé au Muséum d’histoire naturelle de Paris. Le gouvernement français lui confie la mission d’étudier deux épidémies de choléra. Ces dangereuses et honorables missions le lient à des célébrités médicales dont l’illustre Pasteur qui fait grand cas de sa personne et de ses recherches. Tout cela se passe avant la publication de son livre Le Spiritisme ou fakirisme occidental, ouvrage si affirmatif dans la certitude objective des phénomènes spirites, que ceux qui n’osent pas l’accuser de supercherie, ne se privent pas de le croire le complice involontaire des prestidigitateurs qui l’auraient abusé.

Le docteur Gibier a pourtant expérimenté plus de cinq cents fois l’écriture directe par un crayon posé entre deux ardoises. Ses prises de positions en faveur de la réalité des phénomènes médiumniques l’obligent à s’installer aux Etats-Unis, suite aux réactions de ses pairs français qui mettent un frein à sa carrière scientifique. Il fonde à New-York un Institut Pasteur et malgré son écrasant labeur médical et scientifique, il s’adonne encore à l’étude expérimentale du spiritisme.

En 1890, il publie son second ouvrage Analyse des Choses dans lequel il ne se contente pas d’exposer les faits nouveaux ; il y offre une théorie générale de la matière et de la vie, une théorie spiritualiste dans laquelle toutes les religions et philosophies pourraient trouver des points de contact pour tenter la fusion d’une harmonieuse unité dans une doctrine fraternelle.

Après plusieurs années de recherches expérimentales menées avec un contrôle sévère, il rédige un mémoire considérable sur les matérialisations de fantômes, la pénétration de la matière et d’autres phénomènes psychiques : Les matérialisations de fantômes. (…)